Voyage dans les marécages de l’Alabama avec Sirius Plan

Mes concerts de l’été auront définitivement été des expériences climatiques extrêmes. Après avoir frôlé le coup de chaleur en Auvergne pour assister au concert de mes acadiens préférés, voici que l’hiver s’est invité, sans crier gare, hier à la Ferté-Bernard. Pas de quoi perturber mon girls band favori qui a livré une performance aussi énergique que délicate. Les filles de Sirius Plan ont du cœur et un vrai bonheur à partager leur musique. Les trois musiciennes ont pris un temps infini à la fin de leur set pour discuter avec les spectateurs et signer des autographes.  Le public ne s’y est pas trompé, ravi par la prestation.

A deux semaines de la sortie de leur premier album baptisé Dog River Sessions, j’ai eu l’immense plaisir de passer un moment avec Claire, Gaëlle et Skye, juste avant leur concert. Une très belle rencontre.

20150905_210746

Sirius Plan débarque dans la constellation folk’n’blues. 

Music’Spirit : A moins de deux semaines de la sortie de Dog River Sessions, qu’est-ce que vous vous dîtes ?
Sirius Plan : 
Enfin ! On a mis plus d’un an pour le voir arriver cet album. Comme nous l’avons monté en auto-production, on a tout fait toutes seules. Même les photos de la pochette de l’album sont de nous ! On peut dire que c’est un retour aux sources salutaire, en accord avec le type de musique qu’on défend. C’était presque une nécessité de faire les choses comme ça. Alors bien sûr, c’était fatiguant, mais c’était une très belle fatigue ! On a créé cet album qui nous ressemble à 100%. Nous sommes à la fois fières et soulagées qu’il sorte enfin, qu’il existe et représente ce qu’on est.

Music’Spirit : Ça fait maintenant 4 ans que vous tournez ensemble, c’est quoi la formule pour qu’un trio comme le vôtre fonctionne ?
Sirius Plan : Ce groupe, c’est notre bouffée d’oxygène, ça nous permet de revenir aux fondements de la musique : le partage, le plaisir de jouer ensemble. On se rend compte que les musiciens ont de plus en plus besoin de se retrouver, de partager. On va vraiment tous dans ce sens. 

Music’Spirit : Vous avez commencé par des reprises. Aujourd’hui, l’album à paraître comprend surtout des compositions à vous. Comment composez-vous au sein du groupe ?
Sirius Plan : Il n’y a pas de règles. Le plus souvent, l’une d’entre nous arrive avec une musique ou un texte. Si les deux autres adhèrent, on commence à habiller cette matière première, couche par couche. Avec le temps, on sait aussi de mieux en mieux ce qu’on garde pour nos projets solo et ce qui convient à Sirius Plan.

Music’Spirit : Une de vos particularités, ce sont les nombreuses harmonies vocales qui sont présentes dans votre répertoire. Ça vient au feeling ou ça se travaille ?
Sirius Plan : Là, pour le coup, c’est arrivé presque par magie. Nous avons toutes les trois des expériences de choristes, donc ça nous a facilité la tâche. Mais l’alchimie de nos trois voix, on y croyait pas nous-même au début. C’est comme de l’architecture : tout se coordonne !

Visuel ALBUM-DRS-WEBMusic’Spirit : Si je vous dis que votre album est solaire…
Sirius Plan : C’est exactement ça ! Là-bas (sic en Alabama) on a vraiment pu être nous-même, c’est comme si des verrous avaient sauté tout d’un coup.

Music’Spirit : C’était déjà le cas sur l’EP  et c’est encore plus flagrant sur Dog River Sessions : vous baignez littéralement dans la musique américaine. Comment en êtes-vous arrivées là ?
Sirius Plan : 
Tout ça, c’est grâce à Beverly Jo Scott ! Elle nous a proposé d’aller en Alabama, d’où elle est originaire. Arrivées là-bas, on s’est retrouvées dans la maison de Rick, un homme adorable. Il était hyper accueillant, jammait avec nous. Du coup, on s’est mise à chercher des dates autour de là où on logeait. C’est comme ça qu’on a fini par jouer au « ChickFest » à Mobile. C’était dingue, on était sur une scène avec un drapeau américain qui flottait derrière nous et les locaux qui nous encourageaient. C’est pour ça qu’un an après, on est revenues chez Rick pour enregistrer l’album.

Music’Spirit : Pourriez-vous me parler de l’enregistrement, des personnes qui y ont contribué ?
Sirius Plan : C’était vraiment un rêve d’enfant d’enregistrer là-bas. Rick Hirsch, notre hôte a réalisé l’album. Cette figure emblématique du sud est des Etats Unis, excellent guitariste, s’est débrouillé pour qu’on ait du matériel. Tout était de bric et de broc, notamment la batterie de Gaëlle. Mais étonnamment, tout sonnait parfaitement. On était souvent à deux derrière un seul micro. Un enregistrement à l’ancienne en somme. Notre son a été magnifié, mais par transformé grâce à Rick. C’est l’apanage des musiciens qui ont vraiment vécu dans les années 70 : il a apporté une réalité en terme de son. 

Music’Spirit : Pouvez-vous me parler un peu du titre In the City ? C’est vraiment un titre remarquable qui d’après-moi aurait toute sa place dans un épisode de Treme…
Sirius Plan : Oh ! c’est très gentil de dire ça. En fait, les musiciens locaux venaient régulièrement jammer avec nous pendant l’enregistrement, de fait, on les a mis à contribution pour les chœurs de In the City, ça donne un son incroyable. Et puis il y a avait Lee Thornburg ( Tower Of Power). Il a donné à ce titre le son typique de la Nouvelle Orleans. C’est clairement un hommage aux fanfares que l’on voyait de l’autre côté du continent

Du rose dans les veines, premier single de l’album

En attendant la sortie de l’album, je vous encourage à découvrir ce premier single !

L’album de Sirius Plan sera disponible en magasin et sur toutes les plateformes habituelles le 18 septembre prochain. Vous pouvez également découvrir le site internet du groupe ici.